Alors que la FM semblait indétrônable, le DAB+ (Digital Audio Broadcasting) s’impose désormais comme le nouveau standard de la radio hertzienne en France, couvrant plus de 65 % du territoire en ce début d’année 2026. Cette mutation est une véritable bouffée d’oxygène : c’est la promesse d’une radio plus libre, plus riche et surtout plus accessible à tous.
Adieu les parasites
La première raison pour laquelle je suis devenu un adepte inconditionnel du DAB+, c’est le confort auditif radical qu’il procure au quotidien. Fini le temps où l’on devait « chasser » manuellement la fréquence de sa station préférée dès que l’on passait sous un tunnel, dans une zone rurale ou que l’on changeait de département. Avec le numérique hertzien, le grésillement, ce bruit de fond parasite qui gâchait l’écoute, appartient désormais au passé : soit vous recevez le signal avec une clarté parfaite, soit le silence se fait, mais la distorsion n’existe plus.
Le son est stable, pur, et s’accompagne de données enrichies sur l’écran du récepteur, comme la pochette de l’album en cours, le nom du podcast ou le titre exact de l’émission. En voiture, c’est un plaisir de traverser la France sans jamais toucher au bouton de recherche, le récepteur basculant de lui-même sur le meilleur multiplex disponible grâce au « Service Following ». Pour un passionné comme moi, cette stabilité transforme l’écoute autrefois parfois laborieuse en une expérience immersive et réellement moderne, digne des standards audio de 2026.
Le Big Bang de la diversité : L'antenne s'ouvre enfin !
Ce que je trouve particulièrement passionnant avec le DAB+, c’est la fin de la dictature de la bande FM. Historiquement, les fréquences étaient rares, extrêmement chères, et souvent verrouillées par les grands réseaux nationaux installés depuis les années 80. Le DAB+ brise ce plafond de verre grâce à la technique du multiplexage, qui permet de diffuser jusqu’à 13 radios sur un seul canal. Grâce au déploiement national piloté par l’Arcom, des stations qui n’avaient aucune chance d’émettre à Paris, Lyon ou Marseille se retrouvent désormais sur un pied d’égalité avec les géants du secteur.
On voit ainsi des radios thématiques audacieuses comme AirZen Radio (dédiée au bien-être et à l’écologie) ou des pépites musicales comme FIP se déployer massivement sur tout le territoire avec une qualité optimale. C’est un véritable Eldorado pour les stations indépendantes et associatives qui peuvent enfin toucher un public national sans les barrières financières et techniques d’autrefois. Pour l’auditeur, c’est l’assurance d’une pluralité de voix retrouvée et d’une offre musicale qui sort enfin des sentiers battus des playlists ultra-formatées des grands réseaux commerciaux.
La radio reste le média de demain
Bien sûr, toute transition technologique d’envergure comporte ses nuances. Le passage au DAB+ impose de s’équiper d’un matériel compatible, même si l’obligation d’intégration dans les véhicules neufs depuis 2021 a largement facilité la bascule pour la majorité des Français. Certains puristes regrettent parfois la « chaleur » subjective du souffle analogique, mais la stratégie française actuelle prouve que c’est le seul chemin viable pour la survie du média.
Contrairement au streaming pur sur smartphone, le DAB+ conserve les deux piliers historiques de la radio : la gratuité totale pour l’usager (pas besoin de forfait data) et l’anonymat de l’écoute, puisqu’aucune connexion internet n’est requise. C’est une technologie résiliente, capable de fonctionner en cas de crise majeure ou de saturation des réseaux mobiles 5G. Le média radio survit à travers les âges car il sait se réinventer techniquement sans jamais trahir son ADN de proximité. Le DAB+ est le pont parfait entre la tradition du direct et l’exigence de qualité numérique. C’est une victoire pour la culture, pour la pluralité des idées et pour le plaisir simple de la découverte radiophonique.