Le changement c’est maintenant

Compagne du quotidien pendant des décennies, la radio peine aujourd’hui à se faire entendre face aux plateformes et à la génération connectée. Comment les radios françaises tentent-elles de renouer le dialogue avec les jeunes ?

Scoot qui écoutent la radio. Image issue de pixabay.com

Un lien d’enfance

Quand j’étais enfant, nous n’avions pas de télévision à la maison. Alors je passais mes journées à écouter la radio. J’écoutais tout ce que je pouvais : les émissions musicales, les journaux, les débats, les voix familières qui remplissaient le silence. C’était mon écran sonore, ma fenêtre sur le monde. J’aimais cette impression de proximité, ce lien invisible entre un animateur et ses auditeurs. Aujourd’hui, en y repensant, je trouve cela presque insensé et j’ai l’impression d’avoir 70 ans quand je raconte cette habitude à mes amis, tant elle paraît éloignée des pratiques actuelles des plus jeunes.

Knock down mais pas knock out

Ces dernières années, la radio a perdu du terrain face aux plateformes de streaming et aux réseaux sociaux. Les habitudes d’écoute ont changé : on veut choisir quoi, quand et comment écouter. Spotify, Deezer, YouTube ou encore les podcasts à la demande ont bouleversé le rapport au son. Les jeunes, habitués à la personnalisation et à l’instantanéité, peinent parfois à retrouver ces codes dans un média linéaire comme la radio. Pour beaucoup, elle semble appartenir à une autre époque, un peu nostalgique, un peu figée. Et pourtant, certaines radios françaises refusent de se laisser enfermer dans cette image vieillissante.

Car la radio, malgré ses difficultés à séduire la génération Z, tente bel et bien de reconnecter. NRJ mise sur les influenceurs et les lives Twitch pour toucher une audience plus jeune ; Skyrock s’appuie toujours sur la proximité et la culture urbaine (et j’en reparlerai) ; tandis que des antennes comme France Inter ou Nova parient sur des formats hybrides entre podcast , chronique culturelle et engagement sociétal. Ces initiatives montrent que le média essaie d’évoluer, de comprendre les nouveaux usages et les nouvelles attentes d’un public moins fidèle mais plus curieux.

Parler fort sans être entendu

Et pourtant, en tant qu’auditeur occasionnel, je ressens encore une forme de décalage. La radio me parle parfois comme si j’étais absent. Elle me décrit, mais ne me comprend pas vraiment. Les jeunes ne sont pas seulement des consommateurs de musique, mais aussi des publics sensibles à la narration, à l’authenticité et à l’interaction. Ce n’est pas tant le format qui les détourne, que la façon dont on leur parle. Trop souvent, les radios veulent “paraître jeunes” plutôt que de parler avec les jeunes.

Sur la même longueur d’onde

Précisément, c’est tout l’enjeu de « Sur la même longueur d’onde » : comprendre comment les radios françaises tentent de renouer avec les jeunes, quelles initiatives fonctionnent et quelles idées pourraient inspirer les prochaines générations. Si les cassettes ont autrefois été indispensables à la radio, aujourd’hui c’est le dialogue et la créativité qui peuvent la sauver. Sur ce blog, je vous propose d’explorer ces stratégies, d’analyser leurs réussites et leurs limites, et de partager des pistes pour que la radio reste un média vivant et pertinent pour un public ultra-connecté.

Cette publication a un commentaire

  1. Roger Müller

    Je ne peux plus vraiment donner mon avis, vu mon âge. Je suis relativement fidèle à la radio, car je peux l’écouter en fond sonore pendant que je travaille et surtout quand je suis en déplacement, ce qui m’arrive souvent. J’apprécie beaucoup la radio en différé, car cela me permet d’écouter ce qui m’intéresse. Je ne participe pas beaucoup ; je ne suis pas vraiment un auditeur actif qui intervient et appelle les studios. Je suis déjà très occupé avec mes nombreux contacts personnels. Chez moi, beaucoup de choses relèvent de l’habitude et doivent simplement être faites. Je regarde aussi très peu la télévision. Je suis plutôt un auditeur. Les « images complémentaires » n’apportent pas d’informations supplémentaires et exigent que l’on regarde, ce qui n’est pas possible en voiture ou lorsque l’on effectue des tâches simples.
    La radio est donc un média idéal et je n’aime pas trop chercher (ou faire défiler). J’écoute beaucoup, mais j’ai toujours mon propre avis et je reste assez sceptique quant au contenu.

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